Guide d'achat à l'usage du non-initié : comment bien choisir sa prothèse auditive
Guide d’achat : comment choisir son appareil auditif quand on ne s’y connaît pas
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Lorsque l’on met une somme importante dans un achat, il est assez courant de se renseigner un peu – sur les caractéristiques techniques, les modèles existants, les différentes possibilités offertes par l’appareil que l’on va acquérir. C’est en faisant ces recherches que le consommateur arbitre entre son budget et son besoin, pour finaliser son choix.

Ainsi, par exemple, si vous désirez acquérir un appareil photo, vous prendrez en considération votre niveau (amateur ou expert) et ce que vous allez en faire (micro, macro, photos de vacances), vous permettant une première sélection entre un compact, un bridge, un hybride, un reflex numérique. Une fois ce premier tri établi, vous rentrerez ensuite dans des détails de sélection plus fins : la plage focale, le stabilisateur, le temps de latence, la sensibilité. Enfin, vous choisirez vos accessoires. La mise en concurrence des marques vous permet cette comparaison en vous donnant accès à l’information. Si trop d’informations peut perdre le non initié, alors le vendeur spécialisé viendra, en renfort, vous apporter les éclaircissements qu’il vous manque. De nombreux comparatifs de produits, élaborés par des magasines spécialisés ou des sites internet, pourront également vous guider dans cet achat. C’est ce que l’on appelle la transparence. Elle existe pour l’ensemble des biens (lave-vaisselle, lave-linge, réfrigérateur, téléviseur, chaine Hi-Fi, montre connectée, téléphone portable, ordinateur, voiture, etc.) et permet au consommateur de choisir de manière éclairée.

À l’opposé de ce système d’informations libres, se trouve le marché de la prothèse auditive, monopolistique, sur lequel règne l’opacité la plus totale sans que cela ne semble déranger le consommateur, heureux de pouvoir faire confiance à un professionnel recommandé (dans 59% des cas) par son ORL et dont il suivra aveuglément les conseils sans même savoir si ce qu’on lui dit est fondé ou non. Pourtant, l’audioprothésiste qui, dans le code de la Santé publique, est le seul à pouvoir proposer, au consommateur, l’appareillage auditif qui lui conviendra le mieux, n’est pas toujours neutre dans son conseil et tend parfois à privilégier ses intérêts au détriment de ceux de son client. La seule concurrence sur ce marché est nouvelle et vient des prothèses auditives préréglées, largement dénigrées par les professionnels (et encensées par les utilisateurs), affolés à l’idée de perdre leur monopole. En parallèle, aucun magazine spécialisé ne vous proposera de tests comparatifs.

Il en résulte, pour notre français presbyacousique, qu’indépendamment de sa perte auditive et de son désir de discrétion :

  • Il repartira de chez l’audioprothésiste, dans 80% des cas, avec deux contours d’oreille (quand un seul intra conduit pourrait convenir, dans 60% à 70% des cas), persuadé, car l’audioprothésiste le lui a dit, « que sa perte auditive ne permettait pas un intra conduit »,
  • Il paiera un service de suivi sur 4 à 5 ans (soit 40% de sa dépense totale) qu’il a de grandes chances de ne pas utiliser (contrairement aux personnes concernées par un handicap auditif sévère qui utilisent nécessairement cette prestation, fondamentale pour elles),
  • Il finira, dans 5% à 10% des cas, par laisser sa prothèse auditive dans un tiroir, déçu et persuadé que l’appareillage auditif, « ça ne fonctionne pas ».

Imagine-t-on un photographe ayant dépensé 3 000€ laisser son appareil sur une étagère et ne jamais l’utiliser ? Non. Pourtant l’appareil photo est une envie, alors que l’appareil auditif est un besoin.

Dressons donc ici, à l’usage des 6 millions de français presbyacousiques qui n’ont pas encore « sauté le pas » et qui souhaitent s’informer, l’ensemble des points fondamentaux à prendre en compte avant l’achat d’un appareillage auditif, qu’il soit sur-mesure ou préréglé, en espérant que cela les guidera et leur permettra de s’orienter vers une aide auditive qu’ils porteront.

Appareil auditif : intra conduit ou contour d’oreille ?

C’est la première étape. Pour reprendre notre exemple d’appareil photo, c’est le choix entre le compact, le bridge, l’hybride ou le reflex numérique. Si, pour la photo, cela dépend de votre niveau (amateur ou expert) et de ce que vous souhaitez photographier, pour l’aide auditive cela dépend uniquement de votre désir de discrétion. En d’autres termes : avec votre perte auditive, vous avez le choix. Un choix que n’a pas, rappelons-le, une personne concernée par une perte auditive sévère ou profonde qui, pour vivre normalement, doit s’appareiller tôt (dès que le handicap est diagnostiqué) et sera nécessairement orientée, au terme d’un parcours long et réglementé, sur un appareillage bilatéral avec contours d’oreille.

• L’appareil auditif contour d’oreille

Il concerne 80% des ventes actuelles de prothèses auditives sur-mesure. Il en existe également dans l’offre de prothèses auditives préréglées qui disposent de la norme CE.

  • Les avantages du contour d’oreille :

• Sa taille : gros, il est facilement manipulable par les personnes âgées ou celles qui ont une mauvaise vue ou une mauvaise dextérité manuelle. Il existe également en « mini contour » : dans ce cas là, sa manipulation est similaire à celle d’un appareil intra conduit et nécessite une bonne dextérité manuelle. Le mini contour est plus discret que le contour d’oreille classique ;

• Sa mise en place : relativement simple puisqu’il se pose sur l’oreille. Cela peut s’apparenter à une paire de lunettes que l’on pose sur le nez. Une tige transparente vient ensuite se positionner sur votre pavillon et l’embout se glisse à l’entrée de votre conduit auditif.

• Son utilisation : simple. En passant le doigt derrière votre pavillon, vous avez accès à la molette de volume, pour adapter l’amplification à votre besoin.

  • Les inconvénients du contour d’oreille :

• Sa discrétion : qu’il soit classique ou mini, le contour d’oreille, positionné derrière l’oreille, est un appareil auditif visible lorsque l’on a les cheveux courts. Si vous achetez votre appareil dans une enseigne d’optique faisant également de l’audition, vous aurez la possibilité, selon votre budget, de dissimuler vos contours dans les branches de lunettes adaptées, pour une plus grande discrétion.

• Le positionnement du micro : le micro se situe sur l’appareil auditif, donc derrière le pavillon de votre oreille. C’est la tige transparente (placée sur votre pavillon) qui vient guider les sons jusqu’à votre conduit auditif. Ce trajet de traitement des sons, long et non naturel puisqu’il contourne – littéralement – l’amplificateur anatomique qu’est l’oreille, entraine plusieurs inconvénients :

  • L’amplification des bruits parasites, c’est à dire ceux qui se situent derrière vous (mais face au micro), comme les bruits de la rue lorsque vous écoutez quelqu’un qui parle devant vous. Selon votre budget, vous pourrez ajouter en option un « micro multidirectionnel » toutefois gardez en tête que les bruits situés derrière vous continueront d’être amplifiés ;
  • L’amplification des bruits du vent, qui passe sur le micro. Vous pourrez, selon votre budget, ajouter en option un « réducteur de bruit du vent » ;
  • Un délai dans la restitution des sons. Le chemin que doit parcourir le son est long, ce qui entraine un décalage entre les sons amplifiés par le micro et ceux restitués à votre oreille. Ce décalage, sensiblement inférieur à 1 seconde, est désagréable. Vous pourrez ici aussi et selon votre budget, optez pour un second appareil auditif (qui inclura les options précédentes), pour égaliser ce décalage sur vos deux oreilles, afin que cela ne soit plus dérangeant.

• L’appareil auditif intra auriculaire

Bien qu’il ne concerne que 20% des ventes des audioprothésistes, l’appareil intra conduit est le grand préféré des utilisateurs de prothèses auditives, selon des études récentes, dont certaines ont été réalisées par des fabricants de prothèses auditives (parmi lesquels Starkey). Il en existe également dans l’offre de prothèses auditives préréglées qui disposent de la norme CE. L’appareil intra conduit dispose de très nombreux avantages.

  • Les avantages de l’intra auriculaire :

• Sa discrétion : placé dans le conduit auditif, il est invisible.

• Sa mise en place : simple, il se glisse dans l’oreille. Quelques essais peuvent cependant être nécessaires avant de savoir parfaitement le positionner, cela peut s’apparenter à des lentilles de contact que l’on pose sur l’œil : les premières fois peuvent être délicates.

• Son positionnement : placé dans le conduit auditif, l’appareil intra auriculaire utilise l’oreille humaine, pour une restitution naturelle des sons. L’utilisation du pavillon de l’oreille (qui capte et amplifie) permet une parfaite localisation des sons, une meilleure perception tridimensionnelle de la parole et met le micro de l’appareil à l’abri des bruits parasites et de ceux du vent ; la proximité tympanique permet une restitution immédiate des sons amplifiés. Le confort d’écoute procuré est donc extrêmement satisfaisant, même dans le cas d’un appareillage unilatéral.

Son utilisation : simple. Pour changer le volume, il faudra cependant, selon les modèles, retirer l’appareil de votre oreille pour accéder au bouton (ou à la molette) de réglage.

L’adaptation au conduit auditif : immédiate. Dans le cas des aides auditives préréglées, vous disposerez d’un jeu d’embouts en silicone de différentes tailles (petit, moyen, grand), afin d’adapter l’appareil à votre conduit auditif. Dans le cas des aides auditives sur mesure, deux choix sont possibles :

  1. L’audioprothésiste prend l’empreinte de votre conduit auditif afin de réaliser un appareil sur mesure à votre conduit auditif. Cette opération est rapide mais elle a un inconvénient potentiel : une empreinte de conduit mal réalisée pourra entraîner chez l’utilisateur, des problèmes d’articulé temporo-mandibulaires ;
  2. De nouveaux appareils, comme le Silk de Siemens, reprend le principe d’embouts en silicone adaptables des appareils auditifs préréglés.

  • L’inconvénient de l’intra auriculaire : sa taille. Petit, il nécessite une bonne dextérité manuelle et une bonne vision.

Le nombre de canaux de fréquences de l’appareil auditif

Il n’est pas rare d’entendre des audioprothésistes dire que plus le nombre de canaux de fréquences d’un appareil auditif est grand, plus l’appareil est de qualité et l’amplification bonne. D’autres ne partagent pas cette opinion, c’est le cas de l’enseigne Audiologys, que nous avions déjà cité précédemment : « En termes de qualité d’écoute, un patient qui porterait une aide auditive à 9 canaux un jour et une autre à 16 canaux le lendemain aura beaucoup de mal à différencier les deux. Ce sera quasi impossible dans la plupart des cas. Souvent,  des audioprothésistes soutiennent qu’un appareil auditif à 16 canaux  apporte une qualité d’écoute bien supérieure à celle apportée par un appareil à 9 canaux en expliquant que plus il y a de canaux plus la définition du son est bonne. Nous ne sommes pas de cet avis. »

Ce qui fait la qualité de la définition du son, c’est le processeur de l’aide auditive, qui traite les sons. Les fabricants ne développent pas autant de processeurs qu’il y a de prothèses auditives : ils en développent un et bride son potentiel en fermant des canaux, permettant ainsi d’avoir une gamme de prix sur l’offre[1] (4 canaux, 6 canaux, 9 canaux, 12 canaux, etc.) : ainsi, plus une prothèse auditive à de canaux de fréquences, plus elle est onéreuse.

Les canaux servent à ajuster l’amplification de l’aide auditive à l’audiogramme du patient. Une personne qui a une perte auditive sévère ou profonde a un déficit auditif sur toutes ou presque toutes les fréquences, c’est pourquoi elle aura nécessairement besoin d’une prothèse disposant d’un grand nombre de canaux de fréquences (supérieur à 12 et pouvant aller jusqu’à 64) ainsi que d’un suivi dans le temps : plus il y a de canaux de fréquences à ajuster, plus le réglage est compliqué et plus le risque d’erreur est grand. Une personne prebyacousique en revanche, qui a une perte auditive majoritairement sur les fréquences aigues (2000Hz, 4000Hz, 6000Hz, 8000Hz), pourrait déjà se sentir bien mieux avec une aide auditive disposant de 4 canaux de fréquences (2000Hz, 4000Hz, 6000Hz, 8000Hz). Il est rare, cependant, que la perte sur les aiguës ne s’accompagne pas d’une perte, même très sensible, sur les graves : il faut donc privilégier les appareils auditifs qui disposent de plus de 4 canaux de fréquences. On considère, en général, qu’un appareil disposant de 12 canaux est un bon appareil, car l’amplification est faite sur les fréquences graves et aiguës.

Concernant l’offre d’aides auditives préréglées : certaines amplifient jusqu’à la fréquence 6000Hz et d’autres jusqu’à celle du 8000Hz. Nous recommandons de privilégier les appareils qui amplifient jusqu’à 8000Hz, car c’est une fréquence impactée dans le cas de la presbyacousie.

Canaux de fréquences ne veut pas dire canaux de réglages ! Toutes les prothèses auditives, qu’elles soient sur-mesure ou préréglées, disposent d’un nombre de canaux préréglés d’office sur lequel l’audioprothésiste ne peut pas agir et qui permettent le fonctionnement intrinsèque de l’aide auditive. Par la Loi, l’audioprothésiste est obligé de procéder à un réglage : les canaux de réglages (sur lesquels il peut donc agir) vont de 3 (pour les audiogrammes type presbyacousie) à plus de 15 (pour les audiogrammes complexes). Dans le cas des appareils auditifs préréglés, la courbe d’amplification étant définie en amont (sur une perte presbyacousique), il n’existe pas de canaux de réglages : ils sont « prêts à l’emploi ». Vous trouverez, dans le commerce, des appareils auditifs préréglés disposant d’un nombre de canaux de fréquences allant de 4 à 12 (car ils sont spécialement conçus pour les pertes presbyacousiques) et des appareils sur-mesure disposant d’un nombre de canaux de fréquences allant de 4 à 64 (car ils sont pensés pour les pathologies sévères). Peu (voire pas) de fabricants de prothèses auditives sur-mesure ne précise le nombre de canaux de réglages de leurs différents appareils.

Le niveau d’amplification maximale de l’appareil auditif

La prescription d’appareillage auditif est posée par l’ORL lorsque la perte auditive est d’au moins 30dB. Ainsi, il est recommandé de privilégier, dans le cas des aides auditives préréglées, un appareil qui amplifie au maximum de 30dB à 33dB.

Vous ne trouverez pas ces appareils en pharmacie mais chez des opticiens ou sur Internet (privilégiez ceux qui disposent de la norme CE, nous l’avons vu précédemment). Les appareils auditifs préréglés disponibles en pharmacie amplifient au maximum à 20dB. L’amplification maximale d’une prothèse auditive sur-mesure est donnée par le réglage de l’audioprothésiste. Il est rare, toutefois, que dans le cadre d’une presbyacousie, elle dépasse 35dB.

La réduction du bruit ambiant

Elle est très importante pour une personne presbyacousique, gênée dans les environnements bruyants. On considère qu’une réduction efficace du bruit ambiant commence à partir de 10dB et tend jusqu’à 15dB.

Les prothèses auditives préréglées proposent cette réduction du bruit, vérifiez simplement qu’elle est de 10dB à 15dB. Les prothèses auditives sur-mesure propose cette réduction par gamme de prix : ainsi, pour un appareil de 900€, vous disposerez généralement d’une réduction du bruit ambiant de 6dB à 10dB. Certains fabricants ne communiquent pas ou peu sur cette option, d’autres le font de manière floue « réducteur niveau 1 » « réducteur niveau 2 » : renseignez-vous.

Le système anti-Larsen de l’appareil auditif

Le système anti-Larsen permet d’éviter le sifflement de l’appareil lorsqu’il est utilisé. Aujourd’hui, tous les appareils auditifs disposant d’une norme CE le propose, qu’ils soient sur-mesure ou préréglés.

Sur mesure ou préréglé ?

Pour plus d’informations sur les points communs et les différences entre ces deux types d’aides auditives, consultez l’article « Prothèse auditive, assistant d’écoute : Différences ? Points communs ? »

Nous aurions tendance à répondre préréglé, pour plusieurs raisons :

  • Les aides auditives préréglées sont nées d’une insatisfaction des français presbyacousiques, refusant, dans leur grande majorité, d’acquérir un appareillage auditif aux prix et conditions auxquels il est vendu aux personnes disposant d’un réel handicap auditif. Aucune offre alternative, d’utilisation simple, de port discret et dont le prix d’achat est dissocié d’un service de suivi n’avait été proposée jusqu’alors,
  • Pensés pour les presbyacousiques, les appareils auditifs préréglés disposent d’une courbe d’amplification qui leur convient parfaitement. Les utilisateurs en retirent généralement une vraie satisfaction,
  • Une étude clinique menée en double aveugle souligne qu’une personne presbyacousique n’est pas en mesure de ressentir une différence entre un appareil auditif préréglé et un appareil auditif sur-mesure, de qualité comparable, avec un réglage similaire,
  • Les caractéristiques techniques et les composants des aides auditives préréglées sont similaires à ceux d’une prothèse sur-mesure. Ils bénéficient également de la norme CE, comme les prothèses sur-mesure plus onéreuses,
  • Ils existent en contour d’oreille et en intra auriculaire, ce qui permet un choix à l’utilisateur,
  • Ils permettent, à moindre prix et grâce à une utilisation simplifiée, de s’initier au port – parfois ponctuel – d’un appareillage auditif,
  • Ils ont l’avantage d’être en vente libre, ne nécessitant aucun parcours long et réglementé, parcours qui n’est pas forcément une nécessité pour une gêne auditive de ce type,
  • La satisfaction des utilisateurs est sans appel.

Port ponctuel ou quotidien ?

Il est mieux de porter ponctuellement une prothèse auditive que de ne pas en porter du tout. Le port ponctuel permet de vous habituer progressivement à l’appareillage auditif. Le confort que va vous procurer votre aide auditive, dans les moments dans lesquels vous en aurez besoin, est déterminant : plus vous apprécierez votre appareil, plus vous le porterez souvent car vous en ressentirez le besoin. N’hésitez donc pas à prendre le temps de vous renseigner, de comparer, de poser des questions pour arbitrer entre votre budget, votre besoin et, ne l‘oublions pas, votre envie : vous avez le choix !

 

Source :

[1] Allo Docteurs « Des prothèses auditives qui font polémique », vidéo en ligne. https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-des-protheses-auditives-qui-font-polemique-_10442.html

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